Nous vous proposons plusieurs méthodes et calculs du montant de la prestation compensatoire
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L’Article 271 du Code Civil,
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Modifié par la Loi n°2004-439 du 26 mai 2004 – art. 18 JORF 27 mai 2004 en vigueur le 1er janvier 2005
et modifié par la Loi n°2004-439 du 26 mai 2004 – art. 6 JORF 27 mai 2004 en vigueur le 1er janvier 2005
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Dispose :
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« La prestation compensatoire est fixée selon les besoins de l’époux à qui elle est versée et les ressources de l’autre en tenant compte de la situation au moment du divorce et de l’évolution de celle-ci dans un avenir prévisible.
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A cet effet, le juge prend en considération notamment :
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– la durée du mariage ;
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– l’âge et l’état de santé des époux ;
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– leur qualification et leur situation professionnelles ;
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– les conséquences des choix professionnels faits par l’un des époux pendant la vie commune pour l’éducation des enfants et du temps qu’il faudra encore y consacrer ou pour favoriser la carrière de son conjoint au détriment de la sienne ;
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– le patrimoine estimé ou prévisible des époux, tant en capital qu’en revenu, après la liquidation du régime matrimonial ;
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– leurs droits existants et prévisibles ;
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– leur situation respective en matière de pensions de retraite. »
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Cette liste n’est pas exhaustive, et l’évaluation de la prestation compensatoire reste source de conflit entre les époux qui souhaitent divorcer.
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Il n’existe pas de « barème » permettant de fixer une fois pour toute un montant qui ne serait susceptible d’aucune discussion.
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Le sentiment d’ « arbitraire » demeure, dû essentiellement à une absence de rigueur et à des différences de traitement ressenties ou vérifiées, d’un tribunal à l’autre.
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C’est la raison pour laquelle plusieurs auteurs ont proposé des méthodes d’évaluation de la prestation compensatoire, que nous reprenons ici.
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Ces méthodes, qui permettent d’appréhender plusieurs situations ne sont qu’indicatives, et encore expérimentales.
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Les chiffres sont toujours à pondérer, en fonction notamment de l’approche de la retraite, de la situation prévisible en matière de retraite, du temps consacré à l’éducation des enfants, des conséquences des choix professionnels faits par l’un et l’autre, des patrimoines respectifs estimés ou prévisibles.
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Il n’existe pas (encore ?) de barème impératif, et c’est tout le dossier patrimonial et personnel qui est examiné.
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Ce qui doit être compensé, ce n’est pas l’absence de parité, mais une véritable dysharmonie dans les conditions de vie de chacun des époux.
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Afin de faciliter la compréhension, des chiffres factices ont été retenus pour chacun des exemples développés ci-dessous.
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1) 1ère méthode : 1/3 de la différence de revenus annuels par ½ de la durée du mariage.
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* Calcul sur les revenus avant impôts
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Revenus bruts de Monsieur : 30.000 €
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Revenus bruts de Madame: 18.000 €
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Différence de revenus avant impôts : 12.000 €
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1/3 de la différence de revenus : 4.000 €
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Durée du mariage : 22 ans
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½ de la durée du mariage : 11 ans
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1/3 de la différence par ½ de la durée du mariage : 44.000 €
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Calcul sur les revenus après impôts
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Même calcul avec les chiffres nets.
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2) 2ème méthode : Autre méthode proposée par Monsieur Dominique MARTIN SAINT LEON, Conseiller à la Cour d’Appel de Chambery, Magistrat délégué à la formation
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Calcul sur les revenus avant impôts
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1 – Détermination d’une unité de mesure mensuelle de la disparité :
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a – Déterminer les conditions de vie des époux
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Revenus de Monsieur par mois : 2.500 €
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Revenus de Madame par mois : 1.500 €
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b- Mesurer l’écart entre les valeurs obtenues
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Différence de revenus mensuels : 1.200 €
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c- Unité de mesure = la moitié du différentiel de telle façon qu’en l’octroyant à la partie la moins favorisée, la partie absolue est obtenue :
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Madame : 1.300 + 600 = 1.900 €
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Monsieur : 2.500 – 600 = 1.900 €
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2- Utilisation de cette unité de mesure au moyen d’un barème :
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Table 1 : âge du créancier
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16 à 30 ans
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31 à 35 ans
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36 à 40 ans
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41 à 45 ans
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46 à 50 ans
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51 à 55 ans
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56 à 60 ans
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61 à 65 ans
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1
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2
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3
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4
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5
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6
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7
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8
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Table 2 : durée du mariage
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0 à 4 ans
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5 à 9 ans
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10 à 14 ans
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15 à 19 ans
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20 à 24 ans
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25 à 29 ans
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3
n
6
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9
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12
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15
n
18
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30 à 34 ans
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35 à 39 ans
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40 à 44 ans
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45 à 49 ans
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50 à 54 ans
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55 à 59 ans
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21
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24
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27
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30
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33
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36
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60 à 64 ans
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65 à 69 ans
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70 à 74 ans
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75 à 79 ans
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80 à 84 ans
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84 à 88 ans
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39
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42
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45
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49
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50
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51
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Il est proposé une échelle selon laquelle chaque point équivaut à trois mois de compensation
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Exemple 1 :
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Mme : 32 ans = 2 points
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8 ans de mariage = 6 points
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6 points + 2 points = 8 points x 3 (mois) = 24 x 600 (Unités de Compensation) = 14.400 €
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La prestation sera de 14.400 €
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Exemple 2 :
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Mme : 48 ans = 5 points
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22 ans de mariage = 15 points
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5 points + 15 points = 20 points x 3 = 60 x 600 = 36.000 €
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La prestation sera de 36.000 €
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Calcul sur les revenus après impôts
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Même calcul que précédemment mais net d’impôts.
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3) 3e méthode : 20% de la différence annuelle des revenus des époux multiplié par 8
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Calcul sur les revenus avant impôts
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Revenus de Monsieur : 30.000 €
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Revenus de Madame : 18.000 €
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Différence de revenus bruts : 12.000 €
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20% de la différence : 2.400 €
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8 fois 20% de la différence : 19.200 €
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Calcul sur les revenus après impôts
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Même calcul net d’impôts.
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On le voit, selon la méthode employée, le résultat peut être très différent.
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C’est pourquoi la fixation de la prestation compensatoire reste appréhendée par les tribunaux en fonction du contexte et des articles 270 et suivants du Code Civil.
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Rédigé par Caroline Yadan-Pesah, Avocate
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